Le marteau des sorcières

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LE MARTEAU DES SORCIERES : LE LIVRE QUI SEME LA MORT.

Contrairement aux idées reçues, les persécutions contre les “sorcières”, ne commencent pas au Moyen Âge, mais au XVe siècle pour connaître leur apogée aux XVI et XVIIe siècles. (Renaissance et Grand siècle).

En 1484, le pape Innocent VIII rédige une bulle papale, Summis desiderantes affectibus, qui entérine la lutte contre la sorcellerie en élargissant la mission de l’Inquisition aux pratiques dites infernales.

La persécution s’organise après la publication en 1486 par deux dominicains (Heinrich Kramer et Jacques Sprenger) du Malleus Maleficarum. Il s’agit d’une étude censée décrire les sorcières, leurs pratiques, et qui détaille la méthode à suivre pour les identifier et les confondre. Le Malleus Maleficarum, ou Marteau des sorcières en français, connait un véritable succès (près de trente éditions entre 1486 et 1669). Bien que rapidement rejeté par l’Inquisition et par l’Église catholique qui l’interdit en 1490, le manuel sert de référence aux tribunaux chargés de condamner pour sorcellerie.

(Certains historiens supposent que Sprenger aurait été abusé par Kramer et que son nom figurerait sur l’ouvrage sans qu’il ait réellement participé à la rédaction et sans son accord explicite).

La première partie du document traite de la nature de la sorcellerie. Il y est dit que les femmes, à cause de leur faiblesse et de l’infériorité de leur intelligence, seraient par nature plus enclines à céder aux tentations du Diable.

La seconde partie, plus pratique, explique comment procéder à l’identification, la capture, l’instruction du procès, l’organisation de la détention et l’élimination des sorcières. Cette partie aborde également le problème des témoignages, de la confiance qu’on peut accorder à leurs déclarations. Les auteurs affirment que la rumeur publique est suffisante pour conduire une personne devant les tribunaux et qu’une défense trop véhémente ne fait que prouver que l’avocat est ensorcelé. Le Malleus Maleficarum donne des indications, aux autorités, sur la manière d’éviter d’être charmées par les sorcières et rassure le lecteur sur le fait que les juges, en tant que représentants de Dieu, sont immunisés contre leur pouvoir maléfique.

Principaux signes permettant d’identifier une sorcière :

-  Glossolalie (capacité à parler ou prier à haute voix dans une langue étrangère)

-  Voyance (capacité divinatoire)

-  Psychokinèse (capacité à agir sur la matière par l’esprit)

-  Marques du diable  (signes distinctifs sur le corps : tache en forme de pattes de crapaud au blanc de l’œil, taches particulières sur la peau, zones insensibles, trop grande maigreur…)

Techniques d’interrogatoire et de recueil des preuves. À propos de la pratique de la torture durant les interrogatoires, il est en particulier recommandé d’utiliser le fer rougi au feu.

-  Le pesage consiste à peser l’accusée en utilisant comme poids une bible ou d’autres objets. Si l’accusée est plus lourde ou plus légère, elle est déclarée coupable.

-  Ordalie ou jugement de Dieu :

  • L’ordalie par le fer rouge consiste à faire porter par l’accusée une barre de fer rougie ou à la faire marcher sur des socs de charrue chauffés à blanc. Pour savoir si l’accusée est coupable ou innocente, on regarde trois jours plus tard l’évolution de la blessure. Si la plaie est bien cicatrisée, cela prouve l’innocence. Une vilaine plaie prouve la culpabilité. La sentence est bien entendu proportionnelle à l’état de la plaie
  • L’ordalie par l’eau bouillante est une variante de l’épreuve du fer rouge. L’accusée doit plonger son bras dans un chaudron bouillant, et ramener l’objet (en général un anneau béni) qui s’y trouve.
  • L’ordalie par le feu. L’accusée doit traverser deux bûchers entrecroisés sans se brûler.
  • L’ordalie par l’eau froide. L’accusée est plongée dans une eau froide préalablement bénite (souvent une rivière). Si elle coule (et se noie) c’est qu’elle est innocente, si le corps flotte cela prouve sa culpabilité.
  • L’ordalie du fromage et du pain. On gave l’accusée. Si elle s’étouffe en avalant, elle est coupable.

-   Le piquage. Recherche en piquant le corps de l’accusée d’endroits nommés, “marques du diable”, insensibles à la douleur.

-  L’estrapade, consiste à nouer les bras de la victime dans son dos, puis à la hisser par les poignet jusqu’à la suspendre. Il en résulte une dislocation des épaules accompagnée d’une intense douleur. Des poids sont parfois fixés aux pieds de la victime pour augmenter la traction.

Suite à la publication du Malleus Maleficarum commence un grand mouvement d’arrestations. Allemagne, Suisse, France, mais aussi, à moindre mesure, Espagne et Italie. Une première vague dure de 1485 à 1520. Puis une nouvelle vague apparaît de 1560 à 1650. Ce sont surtout les tribunaux des régions protestantes qui envoient les sorcières au bûcher. On suppose 100 000 procès pour 50 000 exécutions.

Les victimes des procès en sorcellerie sont à 80 % des femmes. La persécution s’arrête en France aux environs de 1680. Le Parlement de Paris, finit par nier toute réalité aux pactes sataniques et aux maléfices, ce qui ôte leur fondement aux poursuites. Les grandes persécutions se terminent vers la fin du XVIIe siècle.

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… ET SI LE  MARTEAU DES SORCIERES NE LES AVAIT PAS TOUTES ECRASEES…

HATEYA tout en étant un roman contemporain s’inspire de ces sombres périodes de l’histoire.

Présentation vidéo :  Cliquez ici pour voir la bande annonce

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