Histoire du fantastique

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Histoire du fantastique

La véritable source du genre semble être le roman gothique anglais de la fin du XVIIIe siècle. Apparition des thèmes propres au genre (fantômes, Diable, vampires) et d’une atmosphère d’horreur prononcée.

En 1818 paraît le célèbre Frankenstein de Mary Shelley, un roman charnière profondément enraciné dans la tradition gothique.

Le roman gothique se caractérise par la présence d’un certain nombre d’éléments communs au genre. Il s’agit de lieux, de décors, de personnages mais aussi de situations stéréotypées et de procédés narratifs (récit dans le récit).

Les personnages : le religieux (rappel de l’Inquisition), la femme persécutée, la femme fatale, le démon, la belle, la bête, l’ange, l’ange déchu, le maudit, le vampire, le bandit, le très mauvais sujet (celui qui ressemble aux serial killers de la littérature actuelle)

Les situations : le pacte infernal, l’incarcération et la torture, le suicide, le vampirisme, les secrets du passé venant hanter le présent

Les lieux : le château, les ténèbres, le cimetière, une église, la nature, un endroit abandonné, une maison détruite, …

C’est en Allemagne au début du XIXe que naît la littérature fantastique proprement dite, avec Adelbert von Chamisso (Peter Schlemilh) puis Achim von Arnim et E.T.A. Hoffmann (Fantaisies à la manière de Callot, Contes nocturnes).

Hoffmann a eu une influence universelle et pratiquement continue sur le genre. Ses contes forment un véritable répertoire, décliné par la suite par d’autres auteurs, dans d’autres formes  artistiques (opéra, ballet, cinéma).

Essor du fantastique en France

Dès les années 1830, les contes d’Hoffmann sont traduits en français et rencontrent un immense succès.

Plusieurs des plus grands auteurs français s’y essayent. Honoré de Balzac, auteur d’une dizaine de contes et de trois romans fantastiques, a été lui aussi influencé par Hoffmann, La Peau de chagrin (1831)

Grand admirateur de Hoffmann, Théophile Gautier est un incontournable de la littérature fantastique. La Cafetière (1831) La Morte amoureuse (1836).

Prosper Mérimée : La Vénus d’Ille (1837),

Gérard de Nerval : Aurélia (1855), La Pandora (1854).

Guy de Maupassant s’empare de la littérature fantastique. Ses thèmes récurrents : la peur, l’angoisse et surtout la folie, dans laquelle il sombre peu avant sa mort. Le Horla (1887).

Angleterre victorienne

Oscar Wilde.

Oscar Wilde écrit Le Portrait de Dorian Gray (1891), dans lequel le personnage principal voit son portrait vieillir et prendre chaque marque de ses vices, tandis que lui possède la jeunesse éternelle et se livre à tous les excès.

D’autres écrivains de grande renommée signent quelques textes fantastiques, que ce soit Robert Louis Stevenson (Markheim, Olalla) Rudyard Kipling (Le Rickshaw fantôme), Charles Dikens (L’Aiguilleur). L’époque est marquée par un fort engouement pour les histoires de fantômes.

En 1897 Bram Stoker publie Dracula.

Fantastique américain

Edgar Allan Poe.

Au début du XIXe siècle, la littérature américaine est fortement marquée par le roman gothique anglais et le fantastique.  Nathaniel Hawthorne, Washington Irving et surtout Edgar Allan Poe vont s’en affranchir. Poe fait de plus, partie des pionniers de la science-fiction et du roman policier.

Tout en s’inspirant de cette tradition, H. P. Lovecraft lui donne un tour particulier, plus proche de l’horreur. Lovecraft inspirera de nombreux auteurs au XXe siècle, notamment Stephen King.

Fantastique russe

Alexandre Pouchkine introduit le genre fantastique en Russie avec la Dame de pique (1834) suivront entre autre La famille du Vourdalak, une histoire de vampires écrite aux alentours de 1840 par Alexis Konstantinovitch Tolstoï (un cousin éloigné de Leon Tolstoï).

Gogol publie L’effroyable vengeance ainsi que d’autres contes dont les plus célèbres sont Le Nez et le Journal d’un fou. Ces récits introduisent un changement assez profond par rapport à la tradition fantastique. La peur cède la place à l’absurde et au grotesque. Ce style nouveau fera des émules. Le Double, de Dostoïevski, s’inspire directement de l’œuvre de Gogol.

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